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Tarot

Combien de points au tarot ? Contrats, oudlers, petit au bout : le comptage expliqué

Le tarot a la réputation d’être le jeu où personne ne sait compter sauf un, qui tient la feuille depuis vingt ans. Les règles de comptage sont pourtant fixes et plutôt logiques, une fois qu’on a compris que tout tourne autour d’un seuil à atteindre et d’un multiplicateur. Le compteur Tarot est en préparation ; en attendant, voici la méthode.

En bref

Au tarot, le preneur compte ses points sur 91 et doit atteindre un seuil qui dépend de ses oudlers : 56 sans oudler, 51 avec un, 41 avec deux, 36 avec trois. Le score d’une donne vaut (25 + l’écart au seuil) multiplié par le contrat (prise 1, garde 2, garde sans 4, garde contre 6), plus ou moins 10 × contrat pour le petit au bout, plus la poignée (20, 30 ou 40) et le chelem. Chaque défenseur paie ce score au preneur, ou le reçoit s’il a chuté.

Une partie de Tarot à notre table.

Les 91 points et comment les compter

Le jeu compte 78 cartes pour 91 points. Les trois oudlers (le Petit, le 21 et l’Excuse) valent 4,5 chacun, les rois 4,5, les dames 3,5, les cavaliers 2,5, les valets 1,5 et toutes les autres cartes (atouts de 2 à 20, cartes de 1 à 10) 0,5. On compte par paires pour éviter les demi-points : une figure ou un oudler avec une petite carte, ou deux petites cartes ensemble (1 point). Un roi + une petite carte = 5, une dame + une petite = 4, un cavalier + une petite = 3, un valet + une petite = 2, deux petites = 1.

À la fin de la donne, on ne compte que les cartes du preneur (plus le chien s’il l’a gardé, sauf en garde contre où le chien va à la défense). La défense a le reste : 91 moins le total du preneur.

Le seuil à atteindre dépend des oudlers

Oudlers dans les plis du preneurPoints nécessaires
056
151
241
336

L’Excuse compte comme oudler pour son possesseur à condition qu’il ne la joue pas au dernier pli ; le Petit compte s’il n’a pas été pris. C’est la raison d’être de toute la stratégie du tarot : un oudler de plus, c’est 5 à 10 points de seuil en moins.

Le calcul du score d’une donne

On part de l’écart entre les points du preneur et son seuil. Contrat réussi, l’écart est positif ; chuté, il est négatif. Le score de base est 25 + l’écart, que l’on multiplie par le contrat :

ContratMultiplicateur
Prise (petite)× 1
Garde× 2
Garde sans le chien× 4
Garde contre le chien× 6

S’ajoutent ensuite, dans l’ordre :

  • Le petit au bout : 10 points × le multiplicateur, pour le camp qui remporte le dernier pli avec le Petit. Il s’ajoute au score du preneur s’il l’a fait, s’en retranche si c’est la défense (et inversement sur une chute).
  • La poignée (annoncée et montrée avant le premier pli) : simple 20, double 30, triple 40. Elle n’est pas multipliée, et elle va toujours au camp qui gagne la donne, même si c’est l’adversaire qui l’a annoncée.
  • Le chelem : 400 s’il est annoncé et réussi, 200 s’il est réussi sans annonce, −200 s’il est annoncé et raté.

Le résultat est ce que chaque défenseur paie au preneur (ou reçoit de lui). À 4 joueurs, le preneur marque donc trois fois le score, et chaque défenseur l’inverse ; la somme de la ligne fait toujours 0.

Exemple chiffré à 4 joueurs

Manon prend en garde avec deux oudlers ; elle termine avec 47 points et remporte le dernier pli avec le Petit. Nico a annoncé une poignée simple en défense.

  1. Seuil avec deux oudlers : 41. Écart : 47 − 41 = +6.
  2. Base : 25 + 6 = 31, × 2 (garde) = 62.
  3. Petit au bout pour le preneur : + 10 × 2 = 20, soit 82.
  4. Poignée simple : + 20 pour le camp gagnant, soit 102 — la poignée annoncée par Nico profite à Manon.

Manon marque + 306 (3 × 102), Nico, Patou et Léa marquent chacun − 102. Si Manon avait fini à 38 points, l’écart aurait été de − 3 : base 28 × 2 = 56, + 20 de petit au bout (le preneur l’a quand même fait) = 76, + 20 de poignée pour la défense cette fois : chaque défenseur marque + 96, Manon − 288.

À 3 et à 5 joueurs

À 3 joueurs, chacun a 24 cartes, le chien en a 6, les poignées se montrent à 13, 15 et 18 atouts. Le preneur marque deux fois le score, chaque défenseur l’inverse.

À 5 joueurs, le preneur appelle un roi : son possesseur devient son partenaire. Le score se partage en trois parts pour le camp du preneur (deux pour le preneur, une pour le partenaire) contre une part pour chacun des trois défenseurs. Si le preneur a appelé un roi qu’il a lui-même ou dans le chien, il joue seul et marque quatre fois le score. Les poignées se montrent à 8, 10 et 13 atouts. Le chien compte trois cartes.

Les erreurs qu’on voit à toutes les tables

  • Multiplier la poignée ou le chelem par le contrat : seuls les 25 + écart et le petit au bout sont multipliés.
  • Donner la poignée au camp qui l’a annoncée : elle va au camp qui gagne la donne.
  • Oublier que l’Excuse jouée au dernier pli ne compte plus comme oudler (et change de camp).
  • Compter le chien pour le preneur en garde contre : il va à la défense.
  • Ne pas vérifier que la ligne fait 0 : si la somme des scores de la donne n’est pas nulle, il y a une erreur.

Questions fréquentes

Combien de points pour gagner au tarot ?

Il n’y a pas d’objectif : on joue un nombre de donnes convenu (souvent un tour de donne par joueur, ou un multiple) et le plus haut total gagne. Chaque donne rapporte au preneur ce que chaque défenseur lui paie.

Combien vaut le petit au bout ?

10 points, multipliés par le contrat (10 en prise, 20 en garde, 40 en garde sans, 60 en garde contre), pour le camp qui remporte le dernier pli avec le Petit.

Combien de points pour une poignée ?

20 pour une simple, 30 pour une double, 40 pour une triple (10, 13 et 15 atouts à 4 joueurs). Non multipliée, au camp qui gagne la donne.

Comment compter les demi-points ?

On compte par paires : chaque figure ou oudler avec une petite carte, et les petites cartes deux par deux. Le total du jeu fait 91.

Publié le 2 octobre 2026.